Archive de la catégorie ‘Social’

Question d’actualité de Sylvia PINEL sur l’emploi

Mercredi 27 mai 2009

http://www.dailymotion.com/video/x9eptd

M. le président. La parole est à Mme Sylvia Pinel, pour le groupe socialiste, radical, citoyen et divers gauche.

Mme Sylvia Pinel. Monsieur le président, mes chers collègues, ma question s’adressait à M. le Premier ministre . Elle concerne le sujet qui préoccupe et inquiète tant nos concitoyens : l’emploi.

Les Français, et tout particulièrement les femmes et les jeunes dont l’emploi est déjà fortement précarisé, doivent désormais faire face à une montée spectaculaire du chômage qui les condamne à l’exclusion et à la pauvreté. Ils sont les victimes directes de la crise.

Dans mon département, le Tarn-et-Garonne, cette réalité est tristement perceptible. Avec un taux de chômage qui atteint quasiment les 10 %, il figure parmi les territoires les plus sinistrés de la région Midi-Pyrénées.

Face à cette situation, force est de constater qu’une majorité croissante de nos concitoyens souffre dans l’attente légitime de réponses concrètes. Car, dans la lutte contre le chômage, les mesures engagées par votre Gouvernement sont d’une trop grande frilosité. Les députés radicaux de gauche ne peuvent que regretter l’absence de décisions spécifiques en faveur de l’emploi des femmes et des jeunes ; le fait que le Pôle Emploi, submergé par le cortège des nouvelles inscriptions, peine à se mettre en état de marche ; le recul des « contrats aidés » en dépit des engagements pris par le Président de la République ; l’insuffisance de l’investissement public dans des secteurs d’avenir tels que l’enseignement, la recherche, la santé ou l’aide aux personnes.

Compte tenu de l’urgence, allez-vous enfin consentir à mobiliser les moyens financiers et humains qui s’imposent pour permettre au service public de l’emploi de remplir pleinement ses missions ? (Applaudissements sur les bancs du groupe SRC et sur plusieurs bancs du groupe GDR.)

M. le président. La parole est à M. Laurent Wauquiez, secrétaire d’État chargé de l’emploi.

M. Laurent Wauquiez, secrétaire d’État chargé de l’emploi. Madame la députée, vous avez raison : l’emploi est aujourd’hui la principale préoccupation de nos compatriotes. Nous pouvons tous le comprendre.

Dans le contexte actuel, toutes les familles en France sont hantées par l’avenir de leur emploi, s’inquiètent de la possibilité pour une personne ayant atteint cinquante ans de pouvoir continuer à travailler, craignent également pour l’insertion des jeunes qui finissent leurs études.

Vous avez souligné, madame la députée, à quel point nous avions besoin, dans cette période, de réponses concrètes. J’ai passé toute la journée d’hier dans une agence pour l’emploi, aux côtés des agents. (Exclamations sur les bancs des groupes SRC et GDR.) J’ai regardé avec eux les dispositifs concrets qui sont à leur disposition et la manière dont ils les utilisent. Je vais tenter de vous en rendre compte, en illustrant mon propos d’exemples très simples.

Premier exemple : il y a un an, une personne licenciée dans la vallée de l’Arve ne faisait l’objet d’aucun accompagnement lui permettant de rebondir. Aujourd’hui, elle peut bénéficier, par le biais du contrat de transition professionnelle, de formations privilégiées lui permettant de retrouver un emploi.

Deuxième exemple : il y a un an, un salarié de Renault à Sandouville perdait, s’il était en activité partielle, près de 50 % de son salaire brut. Aujourd’hui, compte tenu des dispositifs négociés avec les partenaires sociaux, il peut percevoir jusqu’à 95 % de son salaire s’il est rémunéré au SMIC. Ce n’est pas parfait, mais c’est une très nette amélioration.

Troisième exemple : l’emploi des jeunes. Nous n’avons heureusement pas attendu votre question pour travailler sur le sujet et mettre en place, avec Martin Hirsch, deux dispositifs principaux.

En premier lieu, nous avons amélioré l’apprentissage dans le cadre des contrats de professionnalisation et des contrats d’apprentissage. Deuxièmement, nous proposons des formations qualifiantes à des jeunes aujourd’hui en situation d’échec, afin de leur permettre de trouver un emploi et de rebondir ; nous veillerons à ce que ces formations se mettent en place aussi dans votre département.

Vous le voyez, madame la députée : sur tous ces sujets, nous essayons d’avancer. Je ne fais pas de longs discours : les exemples que je viens de donner répondent à des réalités concrètes et à des solutions que nous essayons de décliner sur le terrain.

J’ai cru comprendre que l’opposition cherchait maintenant à être « proposante ». Toutes vos propositions sont les bienvenues ! (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe UMP.)

 

CONTINENTAL CLAIROIX : LA TRAHISON !

Mercredi 1 avril 2009

par Eric Montès, secrétaire national du PRG

 Lundi  8 mars par un communiqué en anglais, la direction allemande du groupe Continental annonçait à ses  1120 salariés  de Clairoix la fermeture du site  l’année prochaine : consternation et colère. En septembre 2007 les salariés via leur syndicat majoritaire et la direction avaient entériné un accord pour préserver l’avenir du site en économisant 3 millions d’euros par an. Les salariés avaient accepté de revenir aux 40 heures de travail  par semaine sans augmentation de salaires,  de diminuer fortement leur prime de fin d’année et d’augmenter la production de pneus de 8 millions à 8,5 millions. La direction avait assuré les salariés que cet accord permettrait de préserver le site au moins jusqu’en 2012, même si elle s’est bien garder de l’écrire sur le protocole d’accord.

En fait le Courrier Picard a publié des documents confidentiels de la direction qui prouvent que dès janvier 2008, elle avait décidé de fermer le site oisien jugé moins rentable. L’accord salarial n’avait servi qu’à gratter 2,5 millions d’euros de charges sociales à l’Etat !

S’estimant, à juste titre, trahis et abusés, les salariés ont immédiatement créé un comité intersyndical de luttes refusant la fermeture et exigeant le maintien de tous les salariés jusqu’au moins 2012.

Vendredi 13, Le conseil régional de Picardie a voté à l’unanimité une  motion refusant cette fermeture qui n’est pas une conséquence de la crise économique mais bien l’expression de choix stratégiques incohérents : Continental a dégagé 680 millions de bénéfices en 2008. Si l’avenir de l’industrie automobile est en débat face aux impératifs écologiques et énergétiques, les futures voitures vertes ou électriques rouleront quand même avec des pneus…J’ai exprimé au nom des Radicaux de Gauche mon indignation face à ces « patrons-voyous » et notre totale solidarité aux salariés. J’ai souligné également l’urgence d’attaquer en justice cette décision.

L’après midi le Conseil Régional a reçu l’intersyndicale, nous leurs avons réaffirmé notre soutien concrétisé par le financement des cars pour que les salariés se rendent au comité central d’entreprise à Reims le lundi 16 et pour se payer les meilleurs avocats. J’ai rappelé que nous refusons d’expliquer cette fermeture par le contexte économique et que nous nous interdisons à réfléchir à toute solution de repli ou de mesures sociales d’accompagnement. Les Continental nous ont fait part de leur colère et de leurs inquiétudes mais également de leur unité et de leur détermination. Comble de cynisme, la direction leurs demande de reprendre le travail dès mercredi 18 pour reproduire des pneus jusqu’à la fermeture : dernière preuve que la production trouve des débouchés…

Les Radicaux  ne sont pas des  tenants de la lutte permanente des classes et prônent une nouvelle gouvernance démocratique des entreprises ou les salariés seraient autant associés que les actionnaires aux décisions stratégiques. Mais si les protocoles d’accord signés de bonne foi par les salariés sont piétinés par des patrons malhonnêtes, c’est tout le système paritaire de dialogue social qui est remis en cause. On assisterait dans un climat de crise financière, économique et sociale à un formidable retour en arrière où seule la lutte armée entre patrons et salariés prévaudrait. Nous refusons que l’avenir des rapports sociaux dans l’entreprise soit le retour à Germinal. Pour nous l’Etat et l’Europe doivent être les  régulateurs et les garants du dialogue social et de la gouvernance démocratique des entreprises.
Pour ce faire il nous  faudra rester mobilisés…

 

T. JEANTET RENCONTRE LES SYNDICATS

Samedi 31 janvier 2009

Au titre du PRG,Thierry Jeantet participait à la manifestation parisienne du 29.01
Thierry Jeantet, vice-président du PRG, a salué les dirigeants syndicaux et les manifestants à Paris, au nom des radicaux. Il a souligné l’importance de cette journée nationale marquant une forte volonté populaire d’obtenir non pas un plan de Relance limité à quelques secteurs, mais un plan de développement autant social et environnemental qu’économique et financier. Une conférence (et non de simples rendez-vous) des forces sociales et économiques avec le gouvernement devant avoir très vite lieu à l’Elysée ou Matignon.

Le Parti Radical de Gauche apporte son soutien à la grève très unitaire organisée par les syndicats de salariés des secteurs privés comme publics.La forte mobilisation déjà visible doit inciter le Chef de l’Etat à infléchir et compléter une politique qui n’est pas à la hauteur d’une crise économique et financière telle que nous la connaissons. Certes faut-il « sauver » des banques et le secteur de l’automobile, mais les aides de l’Etat doivent comporter des contreparties plus fortes en termes d’accès des personnes et des entreprises au crédit, en terme d’emplois ou en terme de respect du droit du travail.
Un véritable « Plan de développement économique, social et environnemental » doit d’urgence être mis place en France dépassant la vieille querelle entre relance par l’offre et relance par la demande. Notamment en :
- redynamisant les services publics qui nécessitent des investissements et, au minimum, le maintien des emplois ( enseignement, hôpitaux, poste…) ;
- renforçant de façon plus rapide les équipements à caractère public (TGV et lignes locales à recréer, voies navigables, …) ;
- accélérant la mise en place de réseaux associatifs et mutualistes de services à la personne, aux familles ;
- mettant en place un Plan d’Habitat Social étendu aux personnes les plus fragilisées ;
- renforçant et étendant les aides à la création d’emplois pour les jeunes et quinquagénaires ;
- favorisant la reprise d’entreprises sans successeurs par les salariés sous forme coopérative ou classique ;
- donnant une place nouvelle aux acteurs de l’Economie Sociale ;
- relevant les minima sociaux ;
- créant les conditions d’une nouvelle répartition des résultats entre salariés et actionnaires dans les sociétés cotées en bourse.
Le PRG appelle de ses vœux, de façon urgente, une Conférence réunissant l’Etat, les représentants des secteurs privé, d’économie sociale et des syndicats pour déterminer les priorités d’un tel Plan.