Archive de la catégorie ‘Jeunesse’

De la France à l’Europe, quelle participation des jeunes à la vie publique ?

Jeudi 11 décembre 2008

De la France à l’Europe, quelle participation des jeunes à la vie publique ?

(Mars 2007 / Cyril MOURIN)

La question qui nous vient naturellement à l’esprit lorsque l’on s’interroge sur la question de l’engagement, de la participation de la jeunesse, c’est pourquoi ? Pourquoi la société aurait-elle tout à gagner à ce que ses jeunes s’engagent, participent à la vie publique et surtout quel intérêt à ce que la puissance publique mette en œuvre un certain nombre de dispositifs, de moyens humains et financiers donc, pour y arriver.

Ce n’est certainement pas pour défendre une classe d‘âge spécifique qui serait en compétition avec d’autres classes d’âge pour obtenir des droits, un statut, etc. La vocation de la réflexion sur la jeunesse que nous avons aujourd’hui est toute autre.

Si nous souhaitons que chaque jeune se soit vu attribué les moyens de sa participation à la vie publique, c’est pour donner du sens à la notion de « vivre ensemble », c’est pour retisser le lien civique entre générations mais surtout, et tout simplement, le lien entre tous les individus quels qu’ils soient. Car quand nous parlons des jeunes, nous parlons d’une phase de la vie qui doit préoccuper chacun et chacune d’entre nous, car s’y joue la capacité des individus à s’intégrer à un corps social, mieux encore à s’intéresser à celui-ci au point d’avoir pour lui des ambitions de progrès.

Pour les Radicaux de Gauche une des valeurs qui fondent le plus profondément notre engagement est sans doute la Liberté. Mais la liberté entendue dans un sens large. Une liberté qui implique que chaque jeune soit acteur de son insertion, de sa construction personnelle. Une liberté ambitieuse donc qui implique qu’à chaque instant de sa vie, chaque individu soit confronté à des choix, qu’il soit mis en situation de pouvoir faire ces choix, c’est-à-dire qu’il bénéficie des moyens financiers, des moyens culturel, des moyens physiques, et des moyens sociaux également, de réaliser « son » bien être.

Vous l’aurez compris j’attache trop d’importance à la thématique de l’engagement pour le réduire à la stricte question des conditions juridiques, statutaires de l’engagement. En tant qu’à mon sens engagement et insertion sociale sont profondément liées, c’est toute la question de la cohésion sociale qui est posée à travers celle des conditions favorables à la participation des jeunes à la vie politique en France et en Europe.

Mais je ne peux me permettre d’être trop long, je vais donc tacher de me center sur 3 thématiques

 

EVEILLER A L’ENGAGEMENT – l’EDUCATION

A travers l’idée d’éveil, j’entends différencier pouvoir s’engager, et avoir envie de s’engager. Eveiller c’est rendre attractif la participation publique, l’engagement au service des autres, pour cela les Radicaux de Gauche propose notamment :

  • Que la république montre quelle est une « république fraternelle » qui tend les bras à tous, et mettent fin aux discriminations de tous types. Pour cela il nous parait essentiel que dés l’école, soit mis en place les conditions du vivre ensemble. Cela suppose un engagement réciproque de l’état et des individus :
    • Tout d’abord un enseignement de valeurs communes indispensables pour retisser le lien civique que j’ai pu évoquer :

·          

o     

      • L’éducation civique doit être revue autour de concepts plus large et pas uniquement juridiques, être un temps d’information véritable sur le fonctionnement de notre société dans son ensemble. Elle doit également devenir une matière plus importante sur la forme donnant lieu à une note au bac.

o     

      • Un cursus doit être commun à tous les élèves jusqu’au lycée (maintient du collège unique), tout en permettant une meilleure individualisation des parcours (autrement dit plus d’options) sans que soit dévalorisée le sport (non optionnel) et les arts (démultiplier les options)

·          

    • Engagement réciproque disais-je car si l’Etat veut construire une société cohérente où les jeunes se sentent respectés et à laquelle ils ont envie de participer, il leur faut pouvoir se connaitre et connaitre autrui pour mieux le respecter et avoir ainsi envie de faire corps avec lui.

·          

o     

      • L’enseignement public doit faire une place à un enseignement scientifique du fait religieux.

o     

      • Une place également doit être faite plus largement à la connaissance des différentes cultures qui fondent la France dans les programmes nationaux (application de la loi Taubira), il faut également que les régions participent à l’enseignement des identités locales mais ceci au sein de l’école publique gratuite et laïque.

 

Il faut en d’autres termes rendre attractif le vivre ensemble en combattant les discriminations dans les esprits. Cette lutte contre les discriminations doit se poursuivre tout au long de la vie sans pour autant que l’on rajoute à la discrimination des citoyens la discrimination de l’Etat (les radicaux ne sont pas favorables aux politiques de discrimination positives).

Sur cette question de l’éducation, je crois qu’il est essentiel également, et j’y reviendrai pour vous faire part de nos propositions plus institutionnelles, de donner plus de sens, plus de crédibilité à l’action politique. En plus de l’éducation civique je crois fondamental d’étendre sur tous le territoire les expériences pilotes qui ont pu être menées d’éducation à aux médias. La place de la télévision notamment aujourd’hui dans la construction de l’individu nécessite qu’il soit formé à ces problématiques et qu’ils puissent prendre le recul nécessaire pour en faire un outil pertinent d’information politique.

Eveiller c’est aussi donner des outils pour expérimenter l’engagement, la participation. Les conseils municipaux de jeunes par exemple sont un bon exemple, il faut accélérer leur création et pousser la réflexion jusqu’aux intercommunalités qui offrent de nouvelles perspectives à cette démarche.

Dans ce cadre d’éveil, les JRG sont également favorables, et nous militons en ce sens auprès de nos ainés et notamment de nos députés, pour un service civil obligatoire. Obligatoire afin qu’il incarne véritablement un outil de mixité et de cohésion sociale, à l’échelle nationale, mais aussi européenne puisque nous entendons créer ce dispositif au niveau européen.

Au cœur de l’école il apparait également important qu’une meilleure osmose entre éducation nationale et éducation populaire soit réalisée. Nous pensons qu’un temps peut être trouvé à l’école en direction des associations d’éducation populaire autour de la thématique de l’engagement.

 

DONNER LES MOYENS DE L’ENGAGEMENT

Il est essentiel comme je l’ai déjà indiqué pour les Radicaux de Gauche, et tout particulièrement les Jeunes Radicaux de Gauche, que la thématique de l’engagement des jeunes ne soit pas coupée de celle de l’insertion sociale. Trop souvent la population engagée dans les milieux associatifs, politiques et syndicaux, est initialement extrêmement bien insérée dans la société et bénéficie d’un héritage « socio-culturel », si je puis dire, important. En ce sens l’engagement ne joue pas assez ce rôle de creuset de la mixité sociale et d’impulsion dans le processus d’insertion.

Il s’agit pour les pouvoirs publics de s’assurer ainsi que les conditions de vie socio-économiques d’un jeune ne soient pas un frein à sa participation à la vie publique. Pour cela nous proposons :

  • Une allocation d’autonomie pour tous les jeunes de – de 25 ans progressive et conditionnée, placée dans une optique contractuelle qui redonne du sens à l’égalité des chances, à l’égalité des possibles. De telle manière que les jeunes puissent avoir les moyens de donner du temps à la vie publique, et en ce sens aux autres.
  • Dans ce même cadre, il est essentiel de revaloriser les responsabilités associatives par une réflexion plus poussée sur les modalités de leur rémunération, par une prise en compte facilitée et élargie dans les cursus universitaires, pourquoi par une valorisation au Baccalauréat.
  • A l’échelle européenne l’engagement de la jeunesse nécessite des moyens importants afin de pouvoir voyager dans d’autres pays. Osons réfléchir à la création d’un système de bourses à l’échelle européenne, proportionnelles au coût de la vie du pays d’accueil, qui donne un véritable coup de fouet à l’émergence d’un véritable espace européen d’échanges et de partage pour les jeunes
  • Nous n’avons pas tous les mêmes connaissances, les mêmes facilités à appréhender le phénomène associatif. Une formation à la gestion associative gratuite et accessible à tous selon des modalités similaire au brevet de secourisme doit pouvoir être délivrée.

 

SOUTENIR ET CREDIBILLISER L’ENGAGEMENT – LES INSTITUTIONS

Je parlais tout à l’heure de donner envie de participer à la vie publique, je crois que soutenir et crédibiliser l’engagement c’est aussi éveiller le désir de participer.

Pourquoi certains jeunes ne s’engagent-ils pas, ou ne participent pas à la vie publique si ce n’est parce qu’ils ne voient pas l’utilité de la démarche. Il faut redonner du sens à l’engagement quelque soit sa forme. En tant que représentant politique je me sens particuliérement concerné puisque nous entendons notamment durant cette campagne présidentielle un découragement, un désenchantement à l’égard des hommes et femmes politiques, liés aux affaires, aux luttes partisanes, au rejet sur l’Europe de la responsabilité politiques de nos élus. Il faut véritablement en finir avec cela. Le 22 avril en a été la traduction, et sans entrer dans une querelle partisane, je ne peux m’empêcher de penser que l’attrait actuel vers la candidature de François Bayrou, notamment des jeunes, symbolise plus que l’adhésion à un programme politique, ce rejet d’un système politique dualiste qui ne correspond pas à la culture politique française et n’a pas servi le bien être des français. C’est ici donc, rapidement, les questions plus institutionnelles que je souhaite traiter

Notre proposition première c’est bien entendu clairement le passage à une 6ème république. Une république qui redonne du sens et de la crédibilité à la politique et à nos institutions. Dans ce nouveau pacte républicain nous aspirons à voir réévalués les pouvoirs du parlement, un parlement plus représentatif à travers l’introduction de la proportionnelle aux élections législatives. Une république qui refuse l’accaparement du pouvoir par une élite sans cesse plus restreinte, en imposant un non cumul des mandats véritable, et qui permette le renouvellement politique en limitant le nombre de mandats des parlementaires et du président. Une république qui assure une réelle indépendance de la justice et qui condamne bien plus sévèrement les représentants de la nation hors la loi. Je ne m’étends pas, mais vous savez que le poids des réformes que nous préconisons nous oblige à souhaiter ardemment et au plus vite une VIème république, une république qui ne soit pas plus pervertie au point qu’un ministre d’Etat puisse avoir en charge l’organisation d’une élection présidentielle, présider un parti politique qui s’y présente, et qui est plus est, en être le candidat.

Cette réforme institutionnelle doit être guidée et parallèlement être le moteur d’un renouvellement des relations élus/citoyens. Il ne s’agit plus de miroiter autour des concepts de démocratie participative, un rôle factice aux électeurs. Il s’agit par la mise en place de dispositifs de « démocratie délibérative » (je vous invite à lire les travaux de Blondiaux et Sintomer) de mettre l’accent sur les conditions et la qualité du débat, afin de réussir à construire de l’intérêt général. Les jeunes doivent être associés dans un cadre connu et accepté par tous à la décision publique sans laisser imaginer une perte d’autorité des pouvoir légitimes élus, mais une relation plus diffuse entre eux. Une relation où est valorisé le débat entre intérêts contradictoires autour de règles et de procédures claires et explicites, réglant en particulier la régulation des situations de désaccords ou de conflits. La volonté de Nicolas Sarkozy est tout inverse : attribuer à une caste le monopole de la décision publique, dévaloriser la parole citoyenne non avertie, rejeter l’opposition d’idées politiques pour les excès qu’elle peut entrainer plutôt que corriger ses défauts

Les JRG ont mené une réflexion poussée sur une réforme en profondeur du Conseil National de la Jeunesse, que nous proposerons de manière officielle au futur de la Jeunesse. Le CNJ est un organe rattaché au ministre de la Jeunesse, des Sports et de la Vie Associative consulté bi annuellement sur 4 thématiques dans lesquelles il émet un certain nombre de propositions. Nous entendons le réformer de telle manière qu’il incarne véritablement une instance démocratique, indépendante, permanente et efficace de consultation de la jeunesse par les pouvoirs publics. Il doit permettre réellement de fédérer les différentes associations, syndicats et partis politiques autour de la jeunesse. Il doit être consulté sur tous les projets d’actions publiques qui visent la jeunesse. De même il est important que les préfets rendent compte de leurs échanges avec leur CDJSVA de telle manière que la consultation de la jeunesse puisse être mesurée.

De même au niveau européen nous entendons œuvrer à l’émergence d’une constitution européenne. Elle est pour nous l’un des éléments, et pas uniquement sur le plan symbolique, fondamentaux pour permettre la formation d’une citoyenneté européenne, d’une conscience européenne. C’est sous l’égide d’une constitution européenne que nous pourrons donner à l’Europe les moyens juridiques et techniques pour favoriser un développement de l’engagement politique à l’échelle du continent. Il faut démocratiser l’Union Européenne en élargissant les mécanismes de codécision, en reformant le mode de scrutin aux élections européennes qui n’est apprécié, ni des partis, ni des électeurs, de manière à encourager la formation de partis politiques européens (ainsi seront réduites les luttes entre pays, pour devenir des oppositions de projets de société)

Enfin et en guise de conclusion, je voudrais rappeler pour ce qui nous concernent la responsabilité que nous entendons assumer en tant que parti politique dans la promotion de l’engagement. Nous ne sommes pas favorables à une quelconque politique de quotas dans notre parti, ou dans les institutions françaises à l’égard des jeunes. Nous entendons néanmoins faciliter leur présence active au sein de nos instances nationales. C’est là une question de volontarisme politique. Le PRG aux élections législatives présentera nombre de jeunes, plus encore aux élections locales de 2008. Mais surtout nous entendons nous adapter à une situation bien différente pour les partis politiques que celles que nous connaissions il y a un quart de siècle. J’évoquais la lassitude, l’incompréhension, le découragement des citoyens à l’égard des formations politiques. Il en a résulté, notamment à travers ce que l’on appelle les NMS (nouveaux mouvements sociaux) ou les NMC (nouveaux mouvements contestataires) des changements profonds dans les modalités d’engagement. L’engagement des jeunes est aujourd’hui plus localisé dans ses enjeux, plus concret, sur des problématiques précises, et sur une temporalité discontinue. On parle ainsi parfois, sans connotations péjoratives d’ « engagement à la carte ». Il n’y a plus véritablement d’engagement partisan à travers lequel on adhère à une certaine culture, voir à une idéologie, qui impliquait une stabilité de l’engagement. Il est de notre ressort de nous adapter à cette nouvelle donne. Tout d’abord en redynamisant la politique et le rendant à nouveau attractive comme le veut notre aspiration à passer à une 6ème république. Mais aussi en incarnant des organes de médiation de ces engagements fluctuants qui peuvent parfois paraitre incompatible avec le caractère particulier d’une adhésion à un parti. Il nous faut pour cela faire vers évoluer notre militantisme vers de plus grands efforts de consultation en dehors des périodes électorales, afin d’être un lieu d’échange, de rencontre sans être guidé par des aspirations électoralistes.

En d’autres termes faire confiance aux jeunes pour qu’ils retrouvent confiance en eux, pour agir et construire une société plus juste et fraternelle.

 

Le manifeste des JRG

Jeudi 11 décembre 2008

> Les Jeunes Radicaux de Gauche proclament leur attachement à la démocratie et à la République une et indivisible, démocratique, laïque et sociale. L’engagement européen des JRG est indéfectible : ils défendent une Europe fédérale, citoyenne et sociale, respectueuse des différences.

 

> L’économie ne peut être envisagée qu’au service de l’Homme. Une société refusant ce principe nierait l’Individu. L’emploi est une richesse qu’il convient de partager entre tous les citoyens.

 

> La promotion d’une société tolérante, constante dans son objectif de protection des droits et libertés est un objectif premier des JRG. La laïcité de l’Etat, le respect de la dignité et de la responsabilité de l’humain en sont les premiers instruments.

 

> L’égalité des possibles est la condition première de la justice sociale. Nul ne peut être privé d’un avenir meilleur, directement ou indirectement, en raison de son origine sociale, de ses convictions religieuses, philosophiques, politiques ou encore du fait de la couleur de sa peau. Nous sommes contre la discrimination positive, fausse bonne solution.

 

> La solidarité entre les générations justifie tous les efforts de préservation des conditions de vie au cours de l’existence. Le manifeste des JRG dans Jeunesse clip_image002Nous proposons immédiatement la création d’un véritable statut de l’étudiant, allant de la fiscalité au logement, pour en finir avec la génération précaire.

 

> La méritocratie, la mixité sociale et la notion de droit du sol sont des piliers républicains sans lesquels la cohésion sociale ne peut s’établir. De même, la vertu républicaine est pour les jeunes radicaux de gauche l’exigence première imposée à tous les citoyens, au premier rang desquels les élus de la République. Nous sommes pour la reconnaissance du droit de vote des étrangers aux élections locales.

 

> Le développement durable doit être au centre de toute intiative publique et la notion de progrès doit être définie dans son orientation.

 

> Le Radicalisme est indissociable de la République et de l’intérêt général. C’est dans cette optique que les JRG assument une vision politique universelle, fraternelle et généreuse.

 

Plus d’infos : www.jeunesradicauxdegauche.com