Archive de la catégorie ‘Europe’

Annick Girardin à l’Assemblée Parlementaire du Conseil de l’Europe

Vendredi 2 juillet 2010

http://www.dailymotion.com/video/xduqby

De la résignation à l’action européenne

Vendredi 2 juillet 2010

L’idée d’un pilotage économique de l’Europe défendue depuis longtemps par les radicaux de gauche semble enfin faire son chemin, au moins déjà à vingt-sept, à défaut de l’organiser de façon plus étroite au sein de la zone euro. Il paraît urgent d’avancer en ce sens pour ne pas enfermer l’Union européenne dans une série de mesures financières de sauvetages dont aucune relance économique ne prendrait le relais. En effet, après avoir sauvé les banques, apporté une aide à la Grèce assortie de conditions très sévères, les pays de l’Union européenne restent prisonniers de vieux réflexes qui font penser plus à la politique d’avant-guerre, aux USA d’Hoover plutôt qu’à celle de Roosevelt. Nous en connaissons les désastreux résultats. La rigueur est devenue, sinon le maître mot, en tous les cas l’axe de politiques essentiellement régressives sous prétexte de nécessaires économies ou remises en ordre des finances de nombreux Etats.

Si personne ne nie le besoin de redéployer l’action des Etats, rien ne justifie qu’ils prennent le risque de casser toute croissance et d’entraîner un nombre important de chutes d’entreprises avec à la clef un chômage amplifié et des inégalités sociales accrues.

L’Union européenne doit donc se donner un cap et passer des actions de sauvetage aux actions en faveur d’une croissance durable répondant désormais à des critères sociaux, environnementaux et civiques autant qu’économiques.

Pourquoi ne pas amorcer le pilotage, trop timidement annoncé, par la mise en place d’un outil que serait un « Fonds d’investissement et de développement européen » qui viendrait soutenir, aux côtés notamment de la Banque européenne d’investissement (BEI), de grands projets européens en accélérant et complétant la stratégie « Europe 2020″ adoptée par la Commission en mars dernier. L’objectif du passage de la recherche-développement à 3 % ne pouvant attendre dix ans ! D’autres actions annoncées devant être musclées ; par exemple celles relatives à la stratégie numérique, à la politique industrielle ou– bien sûr – à l’environnement.

VERS UN PILOTAGE SOCIO-ÉCONOMIQUE EUROPÉEN

Par ailleurs, la politique européenne des transports, par exemple, doit absolument être coordonnée, notamment sur le plan ferroviaire : la concurrence entre les sociétés de chemin de fer paraissant plus contre-performante que stimulante ; voie absurde alors que l’Europe a intérêt à faciliter la circulation des personnes et des marchandises en son sein ! D’autres ambitions, autant sociales – comme l’a souligné la Confédération européenne des syndicats – qu’économiques, devant venir compléter les sept initiatives phares listées par la Commission européenne ; notamment pour mettre en œuvre une politique de soutien aux entreprises à « gouvernance partagée » et respectueuses de l’environnement que ce soient celles relevant de l’économie sociale ou celles à forme actionnariale acceptant de s’engager dans cette voie. Pour aussi établir des services européens d’intérêt général efficaces par exemple dans le domaine de la poste.

Le montant du Fonds d’investissement et de développement européen pourrait être fixé (alors que le budget de l’UE a été seulement de 133 milliards d’euros en 2009), pour une première tranche, à 100 milliards d’euros (ce qui correspond au chiffre cité par le président de l’OFCE Jean-Paul Fitoussi lorsqu’il suggérait un grand emprunt européen) et être notamment alimenté par des titres convertibles en actions, parts sociales, obligations d’entreprises ayant bénéficié de son soutien. Il pourrait donc être financé pour partie par des Etats, des investisseurs institutionnels et pour partie par des souscripteurs individuels. D’autres tranches devant être ensuite envisagées, un comité européen de « planification active » devant être constitué et chargé de préparer l’avenir de façon opérationnelle et flexible en consultant l’ensemble des acteurs concernés : entrepreneurs privés, d’économie sociale et publics, syndicats, universitaires et chercheurs, consommateurs…

De telles mesures – permettant d’aller vers un pilotage socio-économique européen très concret – devraient être proposées par le gouvernement français à ses homologues européens et donc  aux instances de l’Union européenne. Ceci avant même la tenue du G20 alors que le président des Etats-Unis, M. Obama, plaide, de son côté, pour une politique internationale de relance. Ceci pourrait avoir l’avantage d’obliger l’Union à se donner des objectifs précis et non plus incantatoires, et, du coup, de forger une gouvernance adaptée. Ce serait aussi l’occasion de mobiliser les forces économiques et sociales européennes qui appellent, elles aussi, à l’action et non pas seulement à la réparation.

L’Union européenne pourrait ainsi évoluer de façon pragmatique vers un fédéralisme innovant lui faisant oublier les faux pas et querelles survenues lors de l’adoption de textes et traités ambigus et confus qui ont retardé plus que conforté sa démarche. La multiplicité des crises sociales, sanitaires, alimentaires, climatiques, économiques, est telle, dans le monde, y compris sur ce continent, qu’il est temps de créer une nouvelle dynamique européenne permettant à l’UE de jouer un rôle moteur dans une mondialisation appelée à être régulée.

Thierry Jeantet, vice-président du Parti radical de gauche

Européennes : Campagne officielle

Samedi 30 mai 2009

http://www.dailymotion.com/video/x9f8a5

Retrouvez les spots radiophoniques sur le site de RFI

http://www.rfi.fr/actufr/articles/113/article_81260.asp

Convention nationale du PRG

Mardi 24 mars 2009

Image de prévisualisation YouTube

Les jeunes radicaux de gauche et l’Europe

Jeudi 29 janvier 2009

Intervention vidéo de Thierry Jeantet, vice-président du PRG,  lors du débat organisé par les Jeunes Radicaux de Gauche qui s’est déroulé le 17 Janvier 2009 à Paris autour des questions relatives aux services publics en Europe, et aux politiques Européennes de la Jeunesse.

http://www.dailymotion.com/video/k7pVhoey4TQaxNVxu7

 

La Laïcité en Europe

 

http://www.dailymotion.com/video/k3eK87eeE2GQlUVxwS

 

Les Services Publiques en Europe

 

http://www.dailymotion.com/video/k1lcokZ4Dcez6oVxys

 

Enjeux des Elections Européennes

 

http://www.dailymotion.com/video/k7FKTcpaxBNXH8VxvH

 

Intervention vidéo finale (sur 5) de Thierry Jeantet présentée lors du débat organisé par les Jeunes Radicaux de Gauche qui s’est déroulé le 17 Janvier 2009 à Paris autour des questions relatives aux services publiques en Europe, et aux politiques Européennes de la Jeunesse.

http://www.dailymotion.com/video/k4Y7GDcaRiEM21VxBf

 

 

Bilan de la présidence française de l’Union Européenne

Mercredi 21 janvier 2009

Présidence française de l’Union européenne (Question orale européenne avec débat)

http://www.senat.fr/cra/s20090120/s20090120_mono.html#par_380

Intervention d’Yvon Collin, président du groupe RDSE

M. Yvon Collin.  – Le bilan de la présidence française de l’Union européenne est globalement positif… du moins en apparence.

M. Jacques Blanc.  – Et en réalité !

M. Simon Sutour.  – L’apparence est parfois trompeuse.

M. Yvon Collin.  – Le Président de la République n’a ménagé ni ses efforts, ni ses déplacements ni ses rencontres.

M. Jacques Blanc.  – Très bien !

M. Yvon Collin.  – C’est un fait, mais qui ne suffit pas à justifier un satisfecit pour cette mission de six mois.

M. Simon Sutour.  – Il ne suffit pas d’être hyperactif.

M. Yvon Collin.  – En effet, les dossiers ont-ils en majorité fait autre chose que suivre leur cours ? Au final, peu de chantiers ont été ouverts. Certains, très urgents, n’ont presque pas bougé. Je pense à la politique de santé, plus encore à la PAC.

M. Jacques Blanc.  – La santé n’est pas une compétence communautaire.

M. Yvon Collin.  – Seul le paquet « climat-énergie » sort du lot, son accélération remarquable ayant porté l’Europe à l’avant-garde de la lutte contre le changement climatique et pour la sécurité énergétique. Malgré les concessions substantielles aux Allemands et aux Polonais, ce plan contraignant représente un progrès considérable dans un domaine où il fallait intervenir vigoureusement.

Pour le reste, le relief de la présidence française tient à des événements exceptionnels : ce sont des crises qui ont mis l’action de la France en vedette pendant six mois. Au demeurant, la conjoncture internationale était des plus favorables, puisque la transition traversée par l’administration américaine laissait le champ libre à un intérim européen.

Comme très souvent, notre Président de la République a su s’emparer en expert de ces opportunités politiques. La crise géorgienne et la crise financière, deux accidents majeurs mais prévisibles, ont bousculé l’Union européenne et permis aux autorités françaises d’affirmer un style axé sur la cohésion dans la réactivité face à l’urgence.

Sur le plan diplomatique, l’activisme du chef de l’État a été déterminant pour préserver l’unité de vues des États membres et obtenir rapidement un cessez-le-feu entre la Russie et la Géorgie, face au risque réel de voir les troupes russes s’enfoncer dans ce pays. Le pire a été évité, du moins jusqu’à présent. Sans donner d’assentiment aux initiatives hésitantes du Président de la République -illustrées par ses errements avec la Chine sur le Tibet-, il est normal de saluer chaque geste porteur de paix.

Face à la crise économique et financière, des efforts méritoires ont été fournis par la présidence française pour rétablir la confiance et obtenir un fonctionnement régulé du secteur financier. De la réunion de Nice en septembre au sommet international de Washington en novembre, les initiatives ont été nombreuses et ambitieuses. Consciente de la gravité de cette crise, l’Europe est apparue déterminée.

Cependant, nous devons aujourd’hui, comme souvent avec ce Gouvernement, faire la part de l’affichage et de la réalité. Si l’Europe a souvent parlé d’une même voix, sa stratégie économique a surtout consisté à valider nombre de plans nationaux. Hélas ! Nous sommes encore très loin d’une Europe unie, aux politiques économiques et budgétaires coordonnées. Le discours sur les vertus de l’action concertée peine à se concrétiser. Pourtant, la coordination des politiques économiques devrait être un engagement politique majeur de la construction européenne, comme l’indique le rapport La coordination des politiques économiques en Europe : le malaise avant la crise ? que j’ai écrit avec M. Bourdin.

Le traité fondateur dispose : « Les États membres considèrent leurs politiques économiques comme une question d’intérêt commun et les coordonnent au sein du Conseil. » Malheureusement, cette disposition est restée formelle. Même le Pacte de stabilité n’est qu’un corps de règles plus ou moins contraignantes fixant des objectifs sans outils pour les atteindre. Il est d’ailleurs intenable en cas de récession grave, c’est pourquoi notre pays prévoit de laisser les déficits publics dépasser 4 % du PIB en 2009.

L’Europe reste donc caractérisée par une diversité d’options nationales qui s’opposent et par la survivance d’intérêts nationaux qui s’affrontent. Pourtant, une relance par la demande dans un pays isolé est deux fois moins efficace que lorsqu’elle est conduite à l’unisson des autres, l’incidence étant réduite des trois quarts si les autorités monétaires prennent de surcroît des mesures en sens contraire.

L’interdépendance des économies européennes transforme la régulation conjoncturelle en question d’intérêt commun. Or, les politiques budgétaires ou salariales restent nationales, ce qui favorise les stratégies individuelles des États membres. Ainsi la France et l’Allemagne conduisent-elles souvent des politiques budgétaires divergentes aboutissant à une compétition entre ces deux pays, dont je regrette qu’elle soit le plus souvent favorable à l’Allemagne grâce à sa politique de désinflation compétitive. Aujourd’hui, l’ensemble de la zone euro entre en récession avec un recul du PIB estimé à 1,9 % cette année. La grande crise économique actuelle doit être une opportunité pour instaurer une réelle coordination des politiques économiques à l’échelle de l’Union.

Durant la présidence française, il aurait fallu réguler le système financier mondial. Ce fut certes l’objet de quatre directives dont le Président de la République a souhaité l’adoption rapide, mais des plans de croissance auraient dû relancer l’activité. Nous y reviendrons demain. Au-delà de ces impératifs, il faudra renforcer la coordination économique afin de rendre l’Europe davantage maîtresse de son destin. Les institutions aussi sont fragiles, avec les incertitudes pesant sur la ratification du traité de Lisbonne.

Indéniablement, la présidence française a marqué les esprits par son volontarisme, mais que restera-t-il de cette période caractérisée par l’urgence et les crises, sans approfondissement concret de la coordination économique ?

L’Europe est née dans la crise. Je ne désespère pas qu’elle tire les leçons de celle que nous vivons. Au bout du compte, une confrontation ne fait que des perdants. Elle compromet ainsi les ambitions inscrites dans le traité de Lisbonne. (Applaudissements sur les bancs socialistes et du RDSE ainsi que sur certains bancs CRC-SPG)